Le myth(o) du savon sans savon
- 14 févr.
- 3 min de lecture

Ok, on vient de me redemander du "savon sans savon". Un petit article s'impose.
ANATOMIE D'UNE IMPOSTURE:
Vous l’avez vu partout : en pharmacie, au supermarché, et même dans les pubs qui vantent la « douceur absolue ». Le savon sans savon est présenté comme le Graal de l’hygiène, le protecteur ultime de notre peau fragile face à l’agressivité du « vrai » savon de nos grand-mères.
Mais grattons un peu sous la mousse. Derrière cette appellation marketing se cache une réalité chimique et écologique bien différente. Alors, progrès dermatologique ou pur coup de génie des industriels pour nous vendre de l’eau en flacon ?
1. La chimie du « Mytho » : C’est quoi, au juste ?
Techniquement, un « savon sans savon » est un Syndet (Synthetic Detergent). Contrairement au vrai savon, issu de la rencontre naturelle entre une huile végétale et une base (la saponification), le syndet est un cocktail de molécules de synthèse.
Le vrai savon : Simple, largement biodégradable, sans conservateurs.
Le syndet : Complexe, souvent dérivé de la pétrochimie, il nécessite des conservateurs, des agents de texture et des parfums de synthèse pour ressembler à... du savon.
2. Le procès du pH : L’argument massue qui nous fait craquer
L'industrie nous martèle un argument : « Le savon est alcalin (pH 10), la peau est acide (pH 5,5), donc le savon est votre ennemi. »
La vérité : Oui, le PH d'un savon artisanal est entre 9 et 10 et il est alcalin. C'est une bonne nouvelle! Car la plupart des bactéries et des moisissures ne peuvent pas survivre ou se multiplier dans un milieu dont le pH est supérieur à 9. Oui, le savon décape. Mais une peau saine est une machine formidable : elle possède un « pouvoir tampon » qui lui permet de restaurer son acidité naturelle en moins d'une heure. En revanche, le gel douche liquide nous habitue à une paresse cutanée, tout en nous faisant payer cher (très cher) pour une formule composée à 80 % d'eau.
C'est là qu'intervient la star de notre atelier, le savon saponifié à froid! Comme tous les savons SAF, il est surgras et naturellement riche de sa glycérine. L'excès d'huile dans la formule permet de nettoyer efficacement grâce au pH basique, tout en redéposant immédiatement un film protecteur pour compenser l'agressivité de la base.
3. L'impact écologique : Le poids de la bouteille
C'est ici que le bât blesse pour le public écolo.
Le vrai savon solide : Pas de plastique, pas de transport d'eau inutile, une durée de vie supérieure.
Le gel douche « sans savon » : Un flacon plastique qui mettra 400 ans à disparaître, pour un produit qui disparaît en deux semaines au fond de la baignoire.
Le verdict : Faut-il jeter votre gel douche ?
Ne tombons pas dans le radicalisme : le « savon sans savon » peut présenter un vrai confort pour certaines peaux très fragiles.
Mais pour 90 % d'entre nous, le passage au savon saponifié à froid (SAF) est la meilleure décision santé et planète. En choisissant un savon « surgras », vous gardez le pouvoir nettoyant du pH alcalin tout en protégeant votre peau avec un film d'huile végétale naturelle.
Le mémo pour votre prochaine course :Si vous voyez Sodium Olivate ou Sodium Cocoate : C'est du vrai. Si vous voyez Sodium Laureth Sulfate ou Cocamidopropyl Betaine : C'est du myth(o).
Alors, prêt à repasser au solide pour de vrai ? Si vous voulez que je vous aide à analyser la liste d'ingrédients de votre gel douche préféré pour voir s'il mérite sa place dans votre salle de bain, postez-la en commentaire !




Commentaires